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Le Système Extérieur

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Nerazim Pal'xā
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Date d'inscription : 05/03/2016

Le Système Extérieur

Message par Nerazim Pal'xā le Lun 14 Mar - 14:49

LE SYSTÈME EXTÉRIEUR


Au-delà de l’orbite de Mars, l’influence des hypercorps et du Consortium Planétaire est considérablement plus limitée.

À l’exception de la très autoritaire République Jovienne, les habitants du système extérieur jouissent d’une liberté bien plus importante que ceux vivant dans le système intérieur.

Et pourtant, même ici, la lutte entre volonté de liberté et désir de sécurité occupe une part non-négligeable du débat politique.


Les libertaires et l'héritage utopiste


Au sein des premières colonies transhumaines dans l’espace, déjà vingt ans avant la Chute, des formes variées d’anarchisme et d’idéologies libertaires coexistaient.

Nombre de colonies du système extérieur ont profité de cet héritage et de cet amour de la liberté.

Les nouvelles frontières dessinées par la colonisation spatiale représentaient une fabuleuse opportunité pour ceux qui désiraient échapper au système intérieur et à la Terre, contrôlés par les hypercorps, afin de lancer leurs propres organisations sociétales, davantage basées sur l’égalité et sur l’action collective, ou simplement pour expérimenter de nouveaux modèles sociaux. Au-delà de la Ceinture, l’influence des hypercorps, déjà bien occupées ailleurs, était suffisamment faible pour donner aux colons les plus ingénieux la chance d’entreprendre leurs projets sans risquer d’être inquiétés.

Les éléments les plus radicaux maintinrent des liens ou grandirent à partir des mouvements sociaux progressistes, indépendantistes et socialistes, et depuis les insurrections terriennes, coalisant les forces et cherchant le soutien nécessaire là où il était. D’autres dérobèrent simplement aux hypercorps du système intérieur les ressources nécessaires, les acheminant clandestinement vers leurs habitats en devenir.

Il arrivait, dans quelques cas, que des stations ou des vaisseaux entiers se mutinent, refusant de se plier aux ordres des corporations pour continuer sur leur propre voie.

Au grand dam des hypercorps, poursuivre et punir les fautifs de ces subversions était rarement faisable.

Même parmi ces radicaux, des différences existaient, et les personnes partageant des tendances sociopolitiques similaires se regroupèrent naturellement.

Au fil du temps, quatre groupes principaux se sont développés : les anarchistes de Locus, les techno-socialistes de Titan, les anarcho-capitalistes et les mutualistes d’Extropia, et enfin, les sociétés nomades d’écumeurs qui sont des individualistes prônant la liberté pour tous.

Toutes ces factions forment une alliance libre, un front uni face aux hypercorps et à la République Jovienne – ou Junte Jovienne, comme ils l’appellent – et sont liées par un pacte d’assistance et de soutien mutuel.

Ce groupe est désigné sous le nom d’Alliance Autonomiste.

Parmi les habitats les plus anticapitalistes, la doctrine séculaire décrétant « chacun selon ses moyens et à chacun selon ses besoins » est plus qu’un principe fondamental, elle est une philosophie de vie en action au quotidien.

La disponibilité des cornes d’abondance pour tous, juste à portée de main, permet de s’assurer que nul n’est soumis au besoin, et l’emploi du système de réputation encourage les populations à prendre une part active dans la poursuite du bien commun.

Les habitants bénéficient aussi d’un accès équitable aux morphes et aux augmentations, même si le nombre important de demande par des infomorphes ayant besoin d’un corps signifie que les infugiés doivent eux aussi contribuer aux efforts du groupe et se constituer un capital social.

Même pour un infomorphe, l’egodiffusion à travers le système solaire coûte très cher, et le Consortium Planétaire consacrant une vaste part de sa propagande aux dangers des habitats du système extérieur, il y a de quoi décourager les infugiés qui songeraient à prendre la tangente en quête d’un meilleur deal.

Beaucoup d’autonomistes se considèrent engagés dans un conflit idéologique avec le système intérieur, dans une sorte de guerre froide se manifestant parfois par des actions physiques. Certains mènent volontiers des campagnes de sabotage et de contestation contre les hypercorps et autres états autoritaires, faisant par exemple passer des cornes d’abondance en toute illégalité au sein des habitats où elles sont soumises à de strictes règlementations, comme dans la République Jovienne.

Il arrive à l’occasion que les hypercorps et leurs alliés ripostent, mais les conflits ouverts sont rares. Même si le système intérieur et
la République Jovienne sont en mesure de déployer une puissance militaire suffisante pour soumettre les factions autonomistes, une détente, aussi fragile qu’elle soit, a été établie.

La rumeur court que les anarchistes auraient pour eux un atout tenant leurs opposants à distance, peut-être un truc du type « menace de destruction mutuelle ».

Les inquiétudes face aux questions de sécurité et devant la possibilité de nouvelles attaques des Titans ont aussi leur impact sur les affaires du système extérieur, mais la plupart des gens se refusent à toute réelle restriction de leurs libertés personnelles, de quelque manière que ce soit, tant que leur sécurité n’est pas directement remise en cause.

Les habitants du système extérieur n’ont pas oublié que les exigences des anciens gouvernements, comme d’adhérer au bio-conservatisme ou de faire allégeance à des dirigeants invisibles et rarement réceptifs, n’ont pas empêché l’avènement de la Chute. Et ces souvenirs alimentent leur méfiance à l’égard des états.

Les puissances bâties sur les modèles d’antan ont été défaites quand elles ont échoué à tenir leurs promesses, lorsqu’elles n’ont pu garantir la sécurité que leur politique autoritaire était censée maintenir. Ce jour-là, les graines de leur défaite dans le système extérieur furent plantées.


L'espace comme terrain expérimental


Les expérimentations politiques et sociales sont très répandues parmi les petits habitats du système extérieur.

La prise de décision collective s’effectuant assez facilement sur les stations dont la population compte moins de dix mille personnes, la démocratie directe est un système de gouvernement courant.

Beaucoup d’habitats fondés sur une idéologie ont d’ailleurs profité de cette facilité à organiser des prises de décision collective pour amener l’ensemble de leurs membres à s’accorder sur des formes inhabituelles de gouvernement.

Les variantes politiques qui ont été testées sont bien trop nombreuses pour être listées individuellement, mais on peut distinguer quelques grandes catégories.

Quelques habitats relativement petits s’essaient à des formes limitées d’autoritarisme.

Certains ont un dirigeant unique investi de grands pouvoirs,mais (idéalement) limité dans ses potentiels débordements, abus ou excès, par quelques garde-fous comme des listes de droits garantis par la constitution, ou encore la possibilité pour un petit nombre de personnes d’en appeler à des élections ou à un vote de confiance.

Certaines colonies fonctionnant selon ce modèle ont à leur tête des dictateurs élus pour un mandat limité, d’autres sont gouvernées par un leader charismatique transformant l’habitat en un lieu de culte dédié à sa personnalité.

D’autres habitats choisissent leur dirigeant au hasard, tous les adultes ayant prouvé leur aptitude au cours d’un test relativement simple étant éligibles. L’élu dirige ensuite la colonie pour une période donnée, en général entre six mois et cinq ans.

Quelques rares d’habitats sont régis par de puissantes IA spécialisées qui, dans quelques rares cas, se révèlent être sur-intelligentes ou parfois même des IA germes secrètement mises au point par la colonie.

Plusieurs colonies uniquement peuplées d’infomorphes ou de synthomorphes utilisent des connexions haut-débit pour donner à leurs habitants un accès aux pensées de surface et aux réactions émotionnelles de chacun ; cela leur permet d’organiser de grandes assemblées politiques démocratiques au cours desquelles les individus présents peuvent ressentir les réponses émotionnelles de tous les autres membres aussi facilement que s’il s’agissait des leurs.

Le système extérieur héberge une très grande variété de types de gouvernement, dont la plupart n’existait pas auparavant, et ceux-ci évoluent (et quelquefois échouent) plus rapidement que par le passé.

Certains de ces modèles fonctionnent bien mieux que d’autres. Grâce à eux, les colonies les plus prospères ne cessent de se développer et la plus grande partie du système extérieur continue à être un immense et complexe laboratoire politique.



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